Prendre les transports locaux au Liban

Pour connaître le Liban, et les libanais, rien de tel que de prendre les transports locaux. Certains diront qu’il s’agit d’un moyen aléatoire voir anarchique, moi je dirai que c'est le meilleur moyen de connaitre le pays.

Et c'est justement pour ça que c'est génial de s'y aventurer !


Prendre les transports locaux au liban

Quelques conseils, quelque soit le type de transport : Renseignez vous sur le coût du trajet AVANT, sinon, le chauffeur gonflera le prix en vous voyant et une fois le trajet effectué. L’astuce, c’est de prévoir le compte juste après avoir demandé à un passager, car si vous donnez un billet par exemple, pas sur qu’il vous rende la monnaie. Pour les femmes, veillez à voyager les jambes couvertes, sans décolleté et d’avoir au moins les épaules couvertes. Sans quoi votre voisin, collé à vous, ne manquera pas de tenter de vous toucher ou vous reluquer tout le trajet. Il n’est pas nécessaire de se couvrir les cheveux.


Il existe 3 catégories de transports en communs sur le pays : les bus, les mini bus (même forme que les bus), et les « services » (taxis collectifs). Dans tous les cas, le principe est le même : il n’y a pas d’arrêt, si vous voulez que l’un de ces transports vous prenne, il suffit de faire signe pour qu’il s’arrête et vous amène à votre destination.


Bus / mini bus : j’ai adoré me déplacer de cette manière, à la fois parce que c’est typique (j’étais la seule touriste à chaque trajet) et utilisé par les locaux mais aussi parce que c’est le moyen le moins cher de se déplacer. Ce sont des sortes de vannes qui datent des années 80, où l’on peut s’entasser jusqu’à 20 selon certains trajets prisés, sans la clim, et qui relient les principales villes du pays. Ils roulent vite, dangereusement parfois, la porte ouverte (pour récupérer du monde en route), et vous dépose là où vous dites « stop » sur leur chemin. Dans chaque ville, il y a un point de rdv où le bus passe, très facile de demander « bus stop » pour venir et repartir d’une ville à l’autre.

En une semaine, je n’ai jamais attendu un bus plus de 15min, quelque soit le lieu où je me trouvais dans le pays. En dehors des points de RDV, le moyen sur d’avoir un bus en quelques minutes, c’est la voie rapide. Alors oui, ça paraît fou, mais il est « normal » de marcher le long de « l’autoroute » (et des voitures qui roulent à pleine vitesse) jusqu’à ce qu’un bus passe et vous récupère à la volée (il ne s’arrête pas parfois, il faut sauter en marche). D’ailleurs, la plupart des gens demandent à être arrêtés à des embranchements de voie rapide (et continuent à pieds jusqu’à leur village).


Lorsque l’on part / vient à Beyrouth : Comme la ville est grande et que les bus ne rentrent pas dans le centre (ce sont les mini bus qui prennent le relai pour les déplacements intra urbains), il y a des points de rdv à connaître pour se déplacer à travers le pays :

Vers la Bekaa = Hazmieh, rond point Al-Sayyad

Vers Saïda, Tyr, Mont Liban… = Cola

Vers Tripoli, Byblos, vallée Qadisha… = gare routière Charles Helou

Dans le Liban Nord, bon nombre des gens qui montaient dans le bus disaient « bonjour » et « merci » en français, ce qui n’est pas le cas dans le Sud, où l’arabe est de rigueur. Clamez toujours votre direction au chauffeur en montant dans le bus. J’ai ainsi dit je ne sais combien de fois « Beyrouth Cola ! » pour être sure d’arriver au point de rdv pour entrer dans la ville. Un trajet de bus pour aller d’un bout à l’autre du pays n’excède pas 3h, c’est l’avantage.

A titre indicatif :

Beyrouth – Tyr = 5000 LL Beyrouth – Saïda = 2000 LL Beyrouth – Bsharre = 8000 LL Batroun – Byblos – Beyrouth = 5000 LL Beyrouth – Beittedine = 3000 LL


Les « Services » : autrement appelé taxis collectifs MAIS, ne vous avisez pas de prononcer le mot « taxi » sinon il vous fera payer plus cher ! Je m’explique… Le service est un taxi reconnaissable grâce à sa plaque d’immatriculation rouge et qui permet de partager le trajet avec d’autres voyageurs. En gros, c’est du covoiturage. Si vous n’êtes pas pressé (le taxi dépose les passagers dans l’ordre de montée dans la voiture), ça permet de se déplacer de manière facile, économique et de découvrir la ville. C’est très efficace et utile à Beyrouth pour aller d’un quartier à l’autre si les distances ne sont pas trop longues. En gros, vous êtes dans la rue, vous arrêtez un taxi (de toute façon ils klaxonnent tous pour rameuter des passagers) et dites « service » de suite, suivi du quartier où vous allez. Si ce n’est pas trop loin (< 10min), il dit OK et vous emmène pour 2000 LBP (1,2€). Si c’est trop loin, il va s’énerver, dire que vous voulez l’arnaquer et voudra passer en mode « taxi » (plus cher donc). Raison pour laquelle il ne faut pas prononcer le mot « taxi » sinon le chauffeur saute sur l’occasion, dit OK, et vous fait payer triple. En se débrouillant bien, on peut même aller en « service » à l’aéroport (pour 6000 LBP). Pour en venir par contre, ce sera taxi obligé et la « modique » somme 20$...


Les taxis : Dans le reste du pays, les véhicules à plaque rouge fonctionnent en taxi, sauf dans des grandes villes comme Saïda, où le déplacement intra urbain est possible (toujours pour 2000 LBP). Les taxis permettent de vous rendre dans des endroits reculés, non desservis par les bus. Il faut toujours négocier avant sa course (en ayant déjà en tête un prix approximatif pour ne pas se faire avoir) ! A titre d’exemple j’ai fait Saïda-Jezzine en taxi (40 min de route) pour 20 000 LBP (15€).



La location de voiture : c’est ce que je devais faire au départ. En fait, je suis RAVIE d’avoir oublié mon permis qui m’a donc forcé à improviser et vivre cette aventure à la libanaise ! Mais surtout, surtout… la conduite des libanais est inqualifiable. Vraiment, sauf si vous avez l’habitude de ne pas respecter le code de la route et de risquer votre vie à tous les tournants, ne conduisez pas au Liban… Les routes ont souffert de la guerre et sont irrégulières, les embouteillages fréquents sur la route côtière et du fait des nombreux barrages militaires (l’usage est de marquer l’arrêt, baisser la vitre/allumer le plafonnier). Pour les plus téméraires, la voiture offre une certaine liberté et vaut le coup lorsque l’on est plusieurs (le carburant n’est pas cher et la location possible à partir de 15€ / jour). Le permis international est obligatoire et les boites de vitesse sont principalement automatiques.


Un jour, un chauffeur de taxi (en mode « service », pour aller à Cola) me dit « Mais comment vous avez appris à vous déplacer au Liban aussi vite ? » Ce qui veut dire que c’est d’apparence très galère et réellement bordélique, mais quand on a saisi les codes, on s’en sort comme un local. Bon courage !