Faire le tour de la Sicile : récit de voyage et conseils



Avant de parler voyage, un brin d'histoire personnelle s'impose :)

Ceux qui lisent ce blog et me connaissent savent que je suis en partie d'origine Sicilienne et que c'est de là que vient mon nom de famille (toujours mal orthogaphié en France...).


C'est une histoire de famille qui pourrait faire sourire : mon arrière arrière grand père était semble t'il un noble (prince, comte, on ne sait pas) vivant au château de Carini. Suite à une aventure comme cela était bien courant à l'époque avec une femme travaillant au château, il a un garçon "batard" qu'il rejette et est déposé devant la porte de l'hospice d'à côté. Les soeurs qui le récuperent lui donnent un nom (celui que je porte) et un couple de d'agriculteurs l'adopte. Quelques mois plus tard, le noble regrette et demande à récupérer son fils. Les parents adoptifs refusent et fuient avec le bébé, en barque depuis la Sicile jusqu'à la Tunisie.

C'est ici que grandira mon arrière grand père, qu'est né mon grand père (et ses 10 frères et soeurs) ainsi que ma grand mère, elle aussi née à Tunis et issue d'une famille italienne qui a immigré. Lorsque la Tunisie fit comprendre ses envies d'indépendance, mes grands parents vinrent en France, considérant qu'ils étaient nés en Tunisie française. Une autre partie de leurs familles retourneront en Italie.


Voilà pour l'histoire !

Elle explique notamment que je sois allée plusieurs fois en Sicile et donc que j'ai pu en faire globalement le tour (sauf la côte nord).


À chaque fois, c'est en voiture que j'ai pris plaisir à découvrir l'île et ses richesses. C'est un calvaire dans les villes (façon de conduire, stationnement cher, sécurité...), mais un plaisir pour la liberté que cela procure et le temps gagné. En fait il n'y a pas le choix pour se déplacer, étant donné la pauvreté de l'offre de transports locaux... Et quelle sensation de prendre la route sous le soleil, libre comme l'air, musique a fond dans la Fiat 500 (et la clim aussi...), et admirer les paysages à sa guise.

Munissez vous d'un GPS ! Si vous ne voulez pas tourner en rond, faire des détours, ou louper un sortie non indiquée... Les grandes villes et les axes rapides sont indiqués mais pour tout le reste, c'est plutôt le flou. Enfin, oubliez toute notion du code de la route. Chacun, maître de son véhicule, décide de sa conduite. Que vous conduisiez a 160k/h ou que vous dépassiez par la droite : personne ne vous klaxonnera. Il faut avoir l'œil et la vigilance PARTOUT. Un troupeau de moutons sorti de nul part, un scooter qui slalome, une Ferrari qui déboule... J'avoue qu'après un temps d'adaptation, ça n'inquiète plus et ça fait sourire.


La 1ère étape obligatoire d'un tour de la Sicile, c'est bien sûr Palerme. J'ai déjà publié un article sur ma découverte de la capitale de l'île et la visite de Monreale à coté, donc je ne vais pas re developper ici. Allez y jeter un oeil pour en savoir plus :)



Je voudrais vous parler d'un endroit qui est peut être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup (🎼) : Carini. Village de montagne, à à peine 1h de Palerme, il n'est pas spécialement touristique, mais j'y suis allée 2X car c'est ici que se trouveraient (de ce que l'on m'a toujours raconté, mais je n'ai pas de preuves) mes origines familiales. La 1ère fois, en 2014, je suis allée directement au château, que j'ai visité, et où j'ai voulu avoir des renseignements sur les habitants de l'époque relative à la naissance de mon arrière arrière grand père. Sans succès, je n'y ai rien trouvé. J'ai trouvé en revanche l'hospice juste à côté, avec la fameuse porte dont on m'a toujours parlé : on posait le bébé devant et par un système de tiroir et de coulisse, le bébé passait de l'autre côté (à l'intérieur) sans qu'on ait à ouvrir la porte. Là, le lieu est fermé et semblait l'être définitivement.

J'y suis retournée en 2018, avec Monsieur H., pour lui montrer le château, la porte de l'hospice, lui expliquer l'histoire. On a eu l'idée d'aller consulter les registres de naissance à la mairie, ce que l'on a demandé à faire. Des messieurs très gentils nous ont emmené à la salle des archives où sont entreposés des centaines de registres de toutes les époques, ils ne parlaient pas anglais mais j'ai essayé de leur expliquer l'histoire et la période éventuelle de naissance. Là encore, nous ne trouvons rien. Un jour peut être j'en saurai plus (ou pas)...


On reprend la route pour le site antique de Segeste, connu pour son temple et son amphithéâtre, incroyablement bien conservés. J'y suis allée 2X, tout comme l'autre site archéologique de la région : Selinunte. Extrêmement mal indiqué, suivez "Marinella di Selinunte" et non "Triscina". Ici, les vieilles pierres donnent sur la mer, ce qui donne un effet magique au lieu. Prévoir 3h sur place, de marche, car le site est très grand et les temples espacés les uns des autres. Mais la balade est vraiment agréable, et encore plus en fin de journée avec le coucher de soleil.


Castellammare del Golfo ?

Trapani ? Erice ?

Marsala ?

Castelvetrano ?

Sciacca ?


Puis, il faut filer jusqu'à Agrigente pour s'arrêter à la vallée des temples : des colonnes et encore des colonnes. Très bien conservées, et avec une vue magnifique sur la mer. Le site est un incontournable de la Sicile, si vous aimez (comme moi) les vieilles pierres, vous en prendrez plein la vue. C'est aussi là que l'on se rend compte de la richesse du patrimoine et de l'histoire forte de la Sicile, éclipsée parfois par les sites antique de Grèce et dont elle n'a pourtant rien à envier. Prenez aussi le temps d'aller voir le centre historique d'Agrigente, avec sa cathderaĺe, son église grecque, et la via Atenea.


Le point d'intérêt suivant, c'est la ville de Ragusa. Attention, la ville moderne est d'un côté de la montagne, mais il faut aller de l'autre côté (Ragusa Ibla) pour constater le caractère unique de cette ville, détruite par un tremblement de terre au 17eme siècle : presque comme sculptée dans la roche, le style baroque et médiéval ressort de loin, avec son dôme et son palais. Ensuite, direction la fameuse ville de Syracuse, beaucoup connue et donc plus touristique. Un des attraits de la ville, c'est le parc archéologique (oui, encore), avec notamment l'immense théâtre grecque et la fameuse "oreille de Dionysos". C'est aussi sur la petite l'île Ortygia qu'il faut se rendre pour s'imprégner de l'ambiance de la ville, avec ses ruelles animées. Et se frayer un chemin au milieu des touristes et rabatteurs...



Ensuite, direction Catane, 2ème ville de Sicile. Là aussi, j'y suis allée 2x car contrairement a ce qui est dit, c'est une ville oú il y a des choses a voir ! Tout le long de l'avenue commerçante Atenea, avec ses grandes places, ses palais, ses églises... Prenez 2-3h pour en faire le tour et vous imprégner de l'ambiance d'une ville sicilienne "normale" (dans le sens où elle ne vit pas qu'au rythme des touristes).

C'est aussi la porte de l'Etna, sans doute l'immanquable de la Sicile. Pour s'y rendre : prendre la direction de Nicolosi, sur le flanc sud, puis la route qui mène au refuge Sapienza. Là, vous laissez votre voiture et une multitude de professionnels proposent des excursions. Pour ma part, j'ai choisi de passer par la compagnie qui gère le téléphérique, qui m'a emmené d'abord à 1900m, puis à 2900m, grâce a des bus tout terrains. Là, un guide montagne nous fait continuer a pieds, notamment autour d'un cratère. A 3000m, la vue est extraordinaire, avec les grondements du volcan en fond...



Puis direction des terres plus "chaudes", en redescendant vers Taormina, station balnéaire ultra touristique. Le centre historique est situé en montagne, et vaut la peine de s'y balader et de profiter de la vue depuis les jardins publiques. Considéré comme le St Tropez local, les milliers de touristes se marchent dessus, les boutiques affluent et les restaurants sont chers. Bref, pour un peu plus de calme et de mer, il faut redescendre et longer la route, elle même longeant des plages sur des km.


Enna ? Calascibetta ?

Caltanissetta ?


Autant dire qu'en Sicile, on ne peut pas s'ennuyer, tant il y en a pour tous les gouts. Plage, sites archéologiques, villes au patrimoine historique riche, sites naturels et volcaniques... J'y ai découvert des paysages superbes et des villes aux styles différents. Je suis aussi marquée par l'état dans lequel se trouve Palerme, qui ne reflète pas du tout le reste de la Sicile. La situation ne s'améliore pas vraiment avec les années. On croit à tort que la Sicile est une terre arride, dévastée, et dans un état critique, ce que je n'ai pas spécialement constaté, si ce n'est l'abandon de maisons, comme cela existe sur le reste de l'Italie.

En revanche certains clichés persistent, et ça fait sourire : les anciens assis sur les bancs qui refont le monde entre eux, les bronzés-gominés qui gueulent au téléphone en appelant la "mamma", les femmes qui passent à la caisse avec des dizaines de paquets de pâtes, le linge étendu entre les immeubles, les Vespa (anciennes) a tous les coins de rues...


Sans oublier les spécialités, comme les arancini, le panino, la pizza, le piment, la pistache, l'huile d'olive, le poisson... La Sicile c'est tout ça, et encore beaucoup de autres choses ! Je sais de toute façon que j'y retournerai encore...