Donner une autre chance à Bali...

À l'été 2017, nous sommes allés un mois en Indonésie avec Monsieur H.

Un voyage incroyable sur lequel je n'ai jamais écrit, qui nous a fait partir de Jakarta, traverser l'île de Java, puis Bali, la petite Gili Air et Lombok. Nous sommes donc arrivés à Bali après en avoir pris plein les yeux sur Java, avec les somptueux temples Borobudur et Prambanan, la vallée lunaire du Mont Bromo, la descente dans les vapeurs de souffre du volcan Ijen... Sans compter nos premiers contacts avec les indonésiens, la culture, la nourriture, les hébergements, les déplacements...



Je ne vais pas dire qu'on est tombé de haut, mais pas loin. Notre 1ère étape était Pemutaran, qui d'après les guides de voyage, est un endroit idéal pour se ressourcer, avec une atmosphère paisible. En vrai... la plage, quasi intégralement privée, n'était qu'une succession d'hôtels, de bureaux d'excursions organisées et de restaurants. C'est comme si nous avions changé de pays. Il n'y avait pas de village, pas d'indonésiens, pas de bouiboui pour manger... Une petite baignade entre 2 lignes d'eau, un coup d'oeil au corail visible à proximité de la plage, et c'est tout. Heureusement, le soir nous avons trouvé un restau caché au milieu des arbres avec un groupe de musiciens, avec lesquels nous avons bu (nous ne buvions pas à Java !) et chanté. Notre 1ère et notre meilleure soirée à Bali.


Autour de Pemutaran, on trouve plusieurs temples face à la mer et accessibles librement. Si y aller n'est plus compliqué qu'ailleurs (on attend un minibus sans savoir quand il passe ni où il s'arrête, classique), pour le retour nous avons commencé à marcher le long de la route et faire du stop. À Java, nous étions tombés sur des gens formidables de cette manière. Et là... une voiture ralentit devant nous pour nous dire direct un prix en anglais ! Surpris, on lui dit "non merci, on ne veut pas de taxi"... Mais voiture suivante, pareil ! Et les suivantes... On hallucine. Comme l'heure tourne et qu'on ne voit pas de bus, on a du accepter.



On ne le savait pas encore car ce n'était que le début mais tout le long de notre séjour (10 jours) à Bali, c'est l'argent qui a été au centre de nos "relations" avec les balinais. J'ose écrire, même si j'avais moi même du mal à y croire : c'est incontestablement la destination, tous mes voyages confondus, où je me suis le plus énervée contre des locaux. Se facher contre des gens qui vous prennent pour un porte monnaie sur pattes, pas juste une fois mais tous les jours, quelque soit le lieu, c'est vraiment usant.

Nous voyageons sac sur le dos, par nous même (sans guide, sans tour organisé, sans intermédiaire), et j'avais naïvement pensé qu'en découvrant Bali de cette manière, nous aurions un aperçu plus "vrai" ou plus sincère. Et bien pas du tout... Que l'on soit au milieu de la pampa ou au temple le plus visité de l'île, les comportements à notre égard ont toujours été identiques. Comme si les mêmes "combines" circulaient aux 4 coins de l'île, c'était vraiment déstabilisant.

J'ai voyagé dans beaucoup de pays, certains particulièrement pauvres et/ou peu touristiques. Bien sûr qu'il est courant de donner de l'argent à quelqu'un qui en demande après avoir insisté pour servir de guide ou en vous évitant une mésaventure. Mais à aucun moment ça ne ressemble à un système organisé comme à Bali ! Là, on avait qu'une hâte, c'était de partir ! Je me répète, mais ça ne m'est jamais arrivé ailleurs.


Quel gâchis car Bali a bien sur des atouts naturels et culturels. On a fait et vu pas mal de choses, que ce soit des temples, de la plage, de la randonnée, des rizières... Mais rien d'exceptionnel non plus, je l'avoue. Il n'y a en tout cas rien qui ne m'ait spécialement marqué et dont j'ai d'impérissable souvenirs. Si ce n'est des déceptions, par exemple en arrivant sur Jimbaran, "LA" plage de Bali...

Nous avons logé à Ubud (soit disant ville de la culture balinaise, mais on a toujours pas compris pourquoi), qui ressemble à un parc d'attraction ou un marché géant (avec les mêmes produits partout), c'est selon les rues. Je cherchais deseperement de l'artisanat, il m'en de la patience pour trouver cette belle boite en bois sculptée, au milieu des t-shirt et des attrape rêves. Et encore, je n'ose imaginer ce que ce serait ni nous étions allés à Kuta, que nous avons pris le soin d'éviter. On a évité la Monkey Forest, et tenté de "visiter" Ubud, mais malgré notre bonne volonté, il n'y avait vraiment rien à faire. Nous avons finalement loué un scooter plus souvent que ce que l'on pensait, pour chaque jour vite sortir de la ville, prendre la route et faire défiler les paysages, ce qui reste la meilleure partie du voyage.



L'autre partie du séjour, nous l'avons passé au sud, sur la péninsule de Bukit, plus tranquille. Tellement tranquille que lorsque notre scooter est tombé en panne, il n'y avait personne pour nous aider et aucun mécano d'ouvert... À croire que toute l'activité de l'île n'est concentrée que sur des secteurs où il y a une plus forte densité de touristes. Dès que l'on s'éloigne un peu, il n'y a plus rien. Ce fut le cas aussi à Munduk, un village perdu au milieu de la foret, autour duquel nous avons randonné (notamment pour voir les cascades). Pas le choix pour dormir, pas le choix pour manger, et pas le choix pour en repartir (un taxi qui fait l'A/R exclusivement pour les touristes, c'est à se demander comment les habitants se déplacent...). La différence d'infrastructures d'un endroit à l'autre sur l'île me laisse une triste impression : celle que l'on "dirige" le tourisme vers des points précis, et que l'on nous facilite vraiment pas la tâche si on veut aller ailleurs...


Non, tous les touristes à Bali ne veulent pas aller à Kuta faire la fête, faire des selfies dans une villa-piscine avec "sunset view" ou manger dans un bol en bambou une salade "veggie-gluten free".


Notre regret, c'est peut être de ne pas avoir eu le temps de faire une ascension du volcan Batur. Comme on en avait fait 2 à Java, on s'est dit (peut être à tort) qu'on miserait sur autre chose à Bali. Nous n'avons pas non plus fait de snorkelling, activité que l'on réservait à notre prochaine étape, Gili Air (et ça reste notre meilleur spot de plongée EVER). En fait, notre itinéraire sur Bali était peut être trop "classique" et comme c'était notre première fois sur l'île, qui a beaucoup à proposer, on a fait des choix pour ne garder que les "must see" (mais qui ne nous ont pas spécialement marqué). Là où tous les touristes sont concentrés, ce qui peut expliquer une certaine pression sur les balinais qui voient débarquer des millions de personnes chez eux, et ce, sans forcément être respectueux (comportements, pollutions...). Peut être faudrait il aussi y aller sur une autre période...

On aurait aussi sans doute du se dire que Bali n'est pas une destination comme les autres, et donc que découvrir l'île en mode backpacker n'est peut être pas la meilleure façon. Quand je lis les récits de voyageurs qui ont fait appel à des chauffeurs pour les balader, et qui ont donc profité du meilleur de ce que Bali a à offrir, on aurait peut être du faire comme ça.


Il faudra donc probablement donner une nouvelle chance à Bali.