Être entrepreneur, apprentissage ou vocation ?

On ne nait pas entrepreneur, on le devient ?

Comment savoir si on est fait pour ça ?

Est ce que j'ai les épaules pour ça ?

Qu'est ce qu'il faut savoir faire ?



Autant de questions auxquelles il n'y a je pense pas de réponse infaillible. Si il y a bien une chose que j'ai appris depuis que je suis à mon compte, c'est qu'il existe autant de profil d'entrepreneur que d'entreprises. Ou presque... Il est nécessaire bien sur, d'avoir un caractère adapté aux "risques du métier" et quelques prédispositions. Comme pour n'importe quel job finalement. Il n'y a pas de critère indispensable mais il est préférable d'aimer la prise de décision, d'être passionné par son projet, d'avoir confiance en soi, d'arriver à se projeter, être organisé, déterminé... La liste est non exhaustive. Nous avons potentiellement tous une part d'entrepreneur en nous, avec une fibre, plus ou moins développée, qui ne demande qu'à être exploitée. Je m'adresse notamment aux femmes, qui osent moins à cause de différentes barrières psychologiques ou victimes de clichés.


On apprend pas à "devenir" entrepreneur car il n'existe pas de formation pour cela (bien qu'il y ait de nombreux organismes qui accompagnent les porteurs de projet) ni de cours dédié pendant notre scolarité (malheureusement). On apprend 1000 métiers en un, ça oui. Et en un temps record, il faut accumuler un maximum de connaissances sur des sujets très différents pour pouvoir être à la hauteur et mener sa barque. Je n'ai jamais autant appris que depuis que je travaille pour moi. Je me forme chaque jour. Être entrepreneur c'est donc finalement un apprentissage mais au quotidien. Au début, on est un peu jeté dans le bain sans trop savoir dans quoi on s'aventure. Puis on apprend à réagir, à être agile, à rebondir, on se surprend à développer des réflexes...


Il faut souvent, un déclic pour se lancer (en indépendant). Pour certains, c'est quitter le salariat et son CDI parce qu'au fond de soi on sent qu'autre chose est fait pour nous (ce fut mon cas). Pour d'autres, c'est une évidence dès la sortie des études et se jètent tout de suite dans le grand bain. Enfin, pour beaucoup c'est d'abord un complément d'activité, "pour voir", puis la passion l'emporte et la petite entreprise devient une raison de se lever chaque jour pour travailler. Une chose est commune à toutes ces motivations : la liberté. Je ne sais pas si l'entrepreneuriat est une vocation ou un apprentissage, mais je suis persuadée que sa raison même d'exister, c'est d'être libre. Et en général, quand on a gouté à la liberté, on ne veut pas revenir en arrière. Vocation ou non.


Il y a aussi une forme de résistance, et notamment, résistance aux autres. Ce que je dis peut surprendre, car je lis beaucoup que pour sauter le pas, il faut être accompagné, savoir s'entourer. Ce ne fut pas mon cas car ce n'est pas dans mon caractère. J'ai plutôt le côté "très autonome", voir solitaire, de l'entrepreneur... J'ai même découvert un terme pour ça : solopreneuse. Si tu travailles seule, que ton "associé" est un carnet de notes (aussi appelé "business journal"), et que c'est avec lui que tu réfléchis à ton entreprise et qui t'aide à prendre les bonnes décisions, alors tu te reconnaitras dans ce qualificatif de solopreneuse.

Quand vous souhaiterez vous lancer, on voudra vous donner 1000 conseils. Tout le monde apportera son grain de sel pour vous donner son avis et vous dire quoi faire. C'est pour éviter cela que je me suis volontairement mis dans une bulle avec mon projet quand j'ai débuté mes réflexions, en en parlant à personne pendant plusieurs mois. Pour résister aux influences négatives ou intrusives qui pourraient me faire changer de cap. Ce n'est qu'une fois le projet écrit (et donc solide), juste avant de le concrétiser, que j'en ai fait part à mon entourage, famille et amis.


Être entrepreneur c'est aussi forcément nager à contre courant, ou ne pas rentrer dans des cases. Notre société aime mettre des métiers / fonctions uniformes, avec des missions bien définies. C'est tout le contraire de l'entrepreneur, qui change de métier comme de chemise, ou presque : je me suis lancée il y a plus de 2 ans avec une boutique e-commerce dédiée aux vins du Portugal. C'était mon projet, le fruit de ma réflexion, de mon travail, la raison de mon aventure entrepreneuriale. Et pourtant cela a bien changé depuis !

10 mois après le lancement du site, j'ai proposé à mon principal concurrent de me racheter, ce qu'il a fait. L'affaire fut bouclée en quelques jours, on a signé, on a pris la photo et j'ai dit au revoir à mon "bébé". J'étais très fière et je suis très heureuse que le site existe toujours. Sur ma lancée passionnante du e-commerce, qui fut une véritable découverte de A à Z pour moi, j'ai racheté fin 2018 une grosse boutique avec 250 références dans le domaine de la déco pour enfant. Je me suis perfectionnée, j'ai appris énormément, j'ai travaillé avec des prestataires vraiment impliqués. Puis, je me suis lassée, et les produits que je vendais ne me touchaient pas particulièrement... Alors j'ai vendu, à l'été 2019, et j'ai signé ma 2ème cession de e-commerce. Libérée de toute obligation, j'ai travaillé en freelance pour une entreprise qui fabrique des kits DIY jusqu'à Noël.


Un changement total d'activité quand je le veux, là est ma liberté. Et ce n'est pas près de s'arrêter : depuis le confinement, tout est stoppé. Une période compliquée pour les entreprises, mais aussi l'occasion pour les indépendants comme moi, de réfléchir à notre activité et à de nouvelles perspectives. Et encore et toujours, se former, apprendre... pour je l'espère à la sortie, pouvoir me lancer à nouveau dans autre chose. Stay tuned !